PANDEMIE GRIPPALE ET ENTREPRISES
Dans notre entreprise, de nombreuses réunions ont eu lieu à l’échelle nationale et locale avec les organismes d’état pour mettre en place une logistique de gestion des décès en cas de pandémie. Mais, sauf erreur de ma part, nous n’avons pas eu d’informations au sein de notre entreprise sur ce qu’il se passerait réellement en cas de pandémie. Serions-nous des surhommes ? Serions-nous naturellement immunisés contre toutes les souches possibles de grippe, sous prétexte que nous travaillons dans les pompes funèbres ?
Après lecture du dossier de l’INRS appelé « Pandémie grippale et entreprises », je vous en livre ci-dessous un résumé.
D’abord, qu’est ce une pandémie grippale ?
C’est une épidémie mondiale de grippe chez l’homme résultant d’un nouveau virus grippal adapté à l’espèce humaine.
En cas de pandémie, l’absentéisme dans les entreprises pourrait atteindre 40 % des effectifs, le nombre des personnes touchées se compterait par millions et les décès par dizaine de milliers.
Pour la grippe A dite porcine ou mexicaine, l’évolution de la pandémie se ferait lors de 3 vagues successives :
1ère vague : ce qui se passe actuellement
2ème vague : septembre et octobre
3ème vague : février mars suivant
Pour maintenir un fonctionnement de l’entreprise, il faut que celle-ci établisse unplan de continuité afin d’anticiper et de s’organiser. Il s’agit de mettre en place une organisation spécifique pour maintenir l’activité au niveau le plus élevé possible.
Un plan de continuité c’est, dès à présent :
·      L’élaborer
·      Identifier quelles activités doivent être maintenus en toutes circonstances (réseau/siège)
·      Quelles sont les ressources humaines indispensables
·      Prévoir à la fois les mesures pour protéger les salariés et les stocks suffisants
·      Informer les salariés de ces dispositions.
L’élaboration passe par la mise en place d’une cellule de crise. Elle doit coordonner, à l’intérieur de l’entreprise, l’élaboration du plan de continuité et en assurer sa mise en œuvre en cas de pandémie
Les principales missions de cette cellule de crise sont :
1)   Examen des conséquences d’une pandémie sur l’activité de l’entreprise :
§  absentéismes,
§  augmentation de l’activité funéraire avec moins de personnel
§  difficultés d’approvisionnement,
§  dégradation des services d’approvisionnement (essence, énergie …)
§  restrictions de la circulation
§  perturbation des circuits financiers
2)   Identification et hiérarchisation des missions de l’entreprise :
§  Devant être assurées en toutes circonstances
§  Pouvant être différée de 1 à 12 semaines (durée moyenne de pandémie)
3)   Evaluation des ressources nécessaires :
§  Ressources humaines indispensables au maintien de l’activité
§  Organisation des délégations de pouvoir
§  Anticipation et formation de remplaçants pour les activités prioritaires
§  Identification des fournitures dont il faut assurer l’approvisionnement en priorité.
4)   Mesures à mettre en œuvre pour protéger la santé des salariés
§  Organisation du travail (modification des plages horaires, imitation des contacts directs au sein de l’entreprise, possibilité de travail à domicile)
§  Mesures d’hygiène et port de masque
§  Information et formation
§  Conduite à tenir en cas de suspicion de grippe chez un salarié.
Le CHSCT, le CE sont associés à la préparation des actions à mettre en place.
L’ensemble des mesures préventives et celles mises en place en cas de pandémie doivent être présentées au CHSCT.
L’ensemble des mesures d’organisation prises pour la continuité de l’activité de l’entreprise doit également être présenté au CE.
Maintenant ce qui nous préoccupe tous, qu’en est-t-il de la prévention des salariés ?
Notre profession fait partie des activités professionnelles particulièrement exposées, au même titre que les personnels soignants, les ambulanciers, les pompiers.
Les mesures organisationnelles prévoient la limitation du nombre de personnes en présence simultanément sur le lieu de travail, l’aération des salles, la gestion de la ventilation, la désinfection des surfaces et des mains de façon systématique (savon et solutions hydro alcooliques).
Au niveau humain, et pour le réseau, le port de gants est nécessaire et le port de masque de type FFP2 avec soupape expiratoire est recommandé. Il permet de protéger celui qui le porte contre le risque d’inhalation de particules en suspension contenant le virus.  Pour le siège n’ayant pas de contact avec le public, des masques chirurgicaux sont préconisés.
Les masques de type FFP2 ont une durée de vie de 8 heures et doivent être changés dès qu’ils sont mouillés.  Si la pandémie dure 15 semaines, l’employeur devrait fournir pour la période un minimum de 63 000 masques.
Les avons-nous ? Datent-ils tous de la grippe aviaire ? Si tel est le cas, avons nous dépassé la date limite d’utilisation ?
D’autre part, y a-t-il un plan de continuité ? Une cellule de crise existe-t-elle ? Quelles mesures sont en latence de cette pandémie ?
Quelques questions pour lesquelles des réponses de l’employeur sont indispensables.
Autre source : Sécurité et santé au travail _ INRS
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